Nos coups de cœur

Si vous avez des coups de cœur, faites-les nous découvrir !
Communiquez-nous les références de vos livres préférés, en y joignant un bref descriptif ou un commentaire, et envoyez-les nous à francoise.vonlanthen@bluewin.ch.

Les librairies qui nous proposent leurs coups de cœur :

L'AJAR, Vivre près des tilleuls

Flammarion, 2016

​Esther Montandon écrit une sorte de journal, elle a vécu le pire, la perte de sa petite fille. Elle était écrivain, “était” parce qu’un tel drame peut tout enterrer sur son passage. Le journal parait à titre posthume.​ Il porte le beau titre de Vivre près des tilleuls, et c’est un magnifique récit, une belle écriture.

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Sophie Chauveau, Noces de Charbon, La Fabrique des pervers

Gallimard, 2013 - 2016

On lui devait la très belle biographie du peintre florentin Fra Filippo Lippi, le récit palpitant de la vie de Diderot et d’autres reconstitutions de vies célèbres (Fragonard, Manet…) qui rapprochaient toujours plus Sophie Chauveau de la période contemporaine, de sa propre histoire familiale.

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Laurent Mauvignier, Continuer

Editions de Minuit, 2016

Avec son infinitif en titre, CONTINUER, Laurent Mauvignier invite ses lecteurs à suivre Sibylle, une femme défaite, en déroute depuis longtemps. Brillante, elle a lâché sa carrière, amoureuse, elle a perdu tous ses amours, mère, elle est en train de perdre son fils, Samuel, ado paumé, très paumé qui dérive vers la haine ambiante de l’autre, de la peur de l’autre, flirtant avec le rêve d’une France blanche et pure.

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Laurence Tardieu, Une vie à soi

Flammarion, 2014

“Une vie à soi” est avant tout la rencontre de Laurence Tardieu avec Diane Arbus la photographe, dont les clichés ont été exposés au Musée du Jeu de Paume dans le Jardin des Tuileries en automne 2011, l’auteur va s’y rendre par hasard “ce jour-là elle est entrée dans ma vie, la percutant de sa lumière alors qu’il me semblait que j’errais dans ma nuit”.

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Dacia Maraini, La vie silencieuse de Marianna Ucria

Pavillons Poche, 2006

Une grande dame de la littérature italienne (et qui fut l’épouse d’un grand monsieur de la même littérature, Alberto Moravia) nous raconte la vie incroyable de Marianna, une fillette devenue épouse (pas d’adolescence au 18ème siècle !), une épouse-mère-femme maitresse qui ne parle pas mais n’en pense pas moins, qui préfère lire que parader à Palerme aux côtés de son “oncle-mari”, qui découvre la vérité à force de fréquenter les livres et qui recouvre la liberté à force de l’aimer.

Dans une Sicile de tous les extrêmes.

Agnès Jobin, 01.09.2015

Tracy Chevalier, La dernière fugitive

Gallimard, 2015

Tracy Chevalier continue son œuvre, discrète comme la vie intérieure du personnage de son roman La dernière fugitive. Nous sommes en 1870, dans l’Ohio, en Amérique. Honor, une quaker, nous emmène dans son chemin vers l’éclosion de sa vie de femme qui pense alors qu’on lui demande de se taire.

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Henry Bauchau, Dernier Journal

Actes Sud, 2015

Si vous avez du temps, de la patience, de la passion pour la vie intérieure et la création, si vous êtes un grand rêveur, le livre d’Henry Bauchau, Dernier Journal est pour vous. De 2006 à 2012, ce psychanalyste, poète et essayiste continue son œuvre jusque dans l’extrême vieillesse durant laquelle il dicte son journal, aux portes de la mort. Il nous dit «Je tente avec bien de la peine de vivre la grande vieillesse qui m’est donnée et de rester un peu utile par l’écriture».

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Ivy Edelstein et John Berger, Devance tous les adieux et Rondo

Points et l’Olivier, 2015

Deux livres d’un coup, deux récits autobiographiques en coup de cœur. Devance tous les adieux d’Ivy Edelstein. Le titre est issu d’un poème de Rilke. C’est le récit bouleversant d’un homme dont le père s’est suicidé. Ivy Edelstein dit le brut de la souffrance d’un enfant dont le père n’a pu être un port d’attache mais un continent à la dérive. Ca pourrait être difficile à supporter sans la langue et la poésie aimante des mots qui disent la déflagration et l’amour dans la déflagration. Rondo de John Berger, un minuscule texte pour rendre un très grand hommage à trois voix (le mari, le fils peintre et la fille éditrice et traductrice)de Beverly, la femme de John Berger. A lire d’une traite et à laisser reposer en soi, longuement. En écoutant le Deuxième Rondo de Beethoven.

Françoise Vonlanthen, 13.06.2015

Sigrid Undset, Kristin Lavransdatter

Stock, 2007, 1922

Au fond de la Norvège du 14ème siècle, Kristine vit intensément sa vie de fille d’un père adoré et d’une mère froide, puis celle d’épouse follement amoureuse d’un chevalier fougueux, enfin la vie de mère de nombreux enfants. Femme passionnée et intelligente, elle est avant tout généreuse, mais elle sait être audacieuse pour rester honnête envers elle-même et envers ceux qu’elle aime. Si Kirstin est LE personnage rendu vivant de manière très dense et nuancée à la fois, avec Laurent le père, puis Erlend le mari, l’écrivaine offre au lecteur d’entrer dans une rare épaisseur de personnages qu’on peut continuer d’aimer dans les volumes 2 et 3, si on se laisse prendre dans les méandres magiques des paysages nordiques.

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